Avoir du style

Selon moi, « avoir du style » c’est un concept plutôt vague. J’aurais plus tendance à penser qu’il y a les gens qui ont leur style et ceux qui n’en ont pas. Avoir ton style c’est au-delà des vêtements. C’est carrément comment tu fais ta tchasse, ta démarche, ton slang, comment tu fais le nœud sur les lacets de tes kicks, comment tu fais agencer la couleur de ta montre à celle de ta chaîne, etc, etc. Tu sais, avoir une casquette d’une marque « haut de gamme » à plusieurs centaines de dollars, ça vaut absolument que dalle si tu sais pas la porter d’une façon « fly ». C’est toi qui porte le vêtement ou l’accessoire, et non l’inverse. J’suis persuadé que tu donnes les mêmes fringues de la tête aux pieds à deux personnes différentes et c’est parfaitement possible qu’une personne ait du style, et l’autre non. Its how you wear it, not just what you’re wearing mon ninj’.

J’suis arrivé à Côte-des-Neiges quand j’avais 12 ans et j’me suis adapté direct aux styles des gars du quartier. Chacun essayait de surpasser l’autre, donc ça m’a forcé a toujours être « on point ». Depuis c’est devenu comme une seconde nature, être frais H24. Les gars sont sapés comme jamais, moi j’suis sapé comme toujours. Pour ce qui est de la mode urbaine en général, j’considère que les deux villes références sont Paris et New York. Donc, tous les artistes de ces deux villes-là nous ont toujours influencés mes gars et moi.

Évolution

J’ai pas vraiment changé de style, j’ai simplement raffiné/peaufiné les trucs que je choisis de porter. J’ai été influencé énormément par les gars de Dipset car j’étais adolescent à l’époque de leur apogée, donc j’ai toujours aimé rock des morceaux de toutes les couleurs possibles. Les gens qui s’habillent qu’en noir ou en blanc j’ai jamais compris le délire, et portant j’ai moi-même des potes qui opèrent de la sorte. Personnellement, j’cherche toujours à attaquer le plus de « color ways » possibles, que l’on parle de kicks, polos, survêt’, vestes, etc. En même temps, j’peux pas dire que j’ai pas évolué en soit. Par exemple, y a des trucs que je porte maintenant que plus jeune j’aurais pas porté, comme un béret Kangol ou une paire de Clark’s Wallabees.

À la base, y a aucun style que je trouve insupportable. Ce que je kiffe, je porte et ce que je ne kiffe pas, je ne porte pas. Simple comme ça. J’ai pas d’énergie à mettre à détester si ou ça. À l’inverse, y a pleins de trucs indémodables que j’adore comme des Timberlands, tout ce qui est Nike, Polo Ralph Lauren, Lacoste, etc, etc. En général, c’est dans ces avenues-là que j’aime me promener, dans tout ce qui est « Timeless », et j’irais jusqu’à dire que j’applique cette même approche à ma musique.

Ninja en mode camouflage dans la Jungle urbaine. J’ai visé un truc confortable, tout en restant prêt à l’action. Si j’dois aller à l’autre bout de la ville, j’suis prêt à m’envoler comme un Aigle Royal a n’importe quel instant, tu me suis?

Selon toi, quelle première impression laisses-tu aux gens qui te croisent dans la rue, basé uniquement sur ton look?

« Me semble que j’ai jamais vu ce patnè là habillé pareil deux fois… »

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J’dirais que j’suis un « casual » acheteur, quand j’vois un truc que j’kiffe et qui m’ira bien j’le prends. Selon moi c’est pas une corvée, mais j’suis pas du genre à passer l’après-midi au complet à faire toutes les boutiques possibles comme une gonzesse de Beverly Hills qui a emprunté la carte de crédit à papa! J’passe faire un tour, j’vois un truc frais, j’le pécho et puis voilà quoi. En général, j’rôde dans les boutiques hip-hop. La vérité, les friperie, c’est pas trop pour moi, j’trouve que c’est un peu simplet … Mais bon, c’est que mon opinion, faut pas prendre ça à la lettre non plus. Si j’avais un budget illimité, j’aurais juste plus de tout c’que j’ai déjà en fait. J’aime penser que je changerais pas juste parce que j’ai les poches pleines; J’fais de l’argent, c’est pas l’argent qui me fait!

Les appartements Rockhill, Côte-des-Neiges

Un de mes meilleurs amis au secondaire habitait dans un des trois immeubles et on chillait souvent en bas des tours après l’école, donc ça ramène toujours pleins de souvenirs quand j’passe là. Quelques mauvais souvenirs, mais principalement des bons j’te dirais. D’ailleurs j’étais ici hier soir avec quelques ninjas, on a bu et fait quelques parties de « Dice », question de garder la forme.